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Publié : 21 avril 2015

Deuxième énigme : Le tableau disparu - Solution

1 - Il s’agit de Jules Dupré.

2 - « Peindre sur le motif », c’est peindre sans l’intermédiaire d’un dessin préalable reporté ensuite sur la toile. Une peinture de « plein air » (souvent un paysage) est le plus souvent « peinte sur le motif » comme l’ont fait les pré-impressionnistes et les impressionnistes.

3 - Le tableau ci-dessus est intitulé, tant sur l’Internet que dans les livres, Intérieur de ferme dans le Berry.

4 - Les deux tableaux ont été exposés au Salon du Musée du Louvre en 1833.

5 - Auguste Jal, Les causeries du Louvre. Salon de 1833, Charles Gosselin, libraire-éditeur, Paris, 1833.

6 - Le titre du tableau présenté dans l’indice 1 n’est pas Intérieur de ferme dans le Berry mais Vue d’une cour couverte. En effet, dans le livre où Auguste Jal décrit les tableaux présentés au Salon de 1833, il parle (p. 389) d’un tableau portant le titre Vue d’une cour couverte « où vous remarquez une paysanne près d’un puits, entourée de légumes, de vases, etc. » ; le tableau qu’il décrit est donc sans aucun doute possible le tableau présenté dans l’indice 1 et répertorié sous un titre erroné dans les livres ou les sites web... Dans le même passage, il ajoute à propos de cette oeuvre que « c’est vraiment une jolie chose que ce tableau, dont l’intérêt appartient tout entier à l’exécution fidèle de ces objets rustiques, dont les Flamands semaient une petite toile ou un panneau ».

7 - Le tableau disparu réalisé dans le Berry par Jules Dupré est donc l’esquisse intitulé L’heure de la soupe à propos duquel Auguste Jal précise (p. 389) : « cette esquisse où sont représentées des paysannes à l’Heure de la Soupe est vivement, librement peinte et d’un ton qui plaît. »
Il ne s’agit pas du 3e tableau cité par Auguste Jal (au titre d’ailleurs tronqué), lequel ne concerne pas le Berry mais les environs de Paris ; c’est cette oeuvre qui est probablement évoquée par Charles Lenormant, Les artistes contemporains. Salons de 1831 et 1833, tome 2, Éditions Alexandre Mesnier, Paris, 1833, p. 112-113 : « Un autre débutant, qui laisse la question plus indécise, est M. Jules Dupré. Son paysage, avec une haie au milieu, quoique empreint du souvenir de Karle Dujardin, manifeste une touche si juste dans le feuillé, une manière de modeler les terrains si grasse et si puissante, une si heureuse disposition de la lumière, qu’on reste incertain si l’on ne doit pas s’abandonner sans restriction à l’espérance que fait naître ce remarquable début. Le tableau de M. Jules Dupré est très mal exposé : je pense qu’on profitera du remaniement qui doit avoir lieu, pour donner à cet ouvrage une place digne de l’impression qu’il produit sur les artistes ; peut-être alors pourrons-nous asseoir une opinion plus arrêtée sur le tableau de M. Jules Dupré. »