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Publié : 3 mars 2012

Quatrième énigme - Solution

Quatrième énigme - Un élément de paysage dans l’Indre

Indice visuel : extrait de l’affiche du Festival des bouchures de l’été 2010

Mon nom dérive d’un mot d’origine germanique. Il est bien sûr utilisé dans le Berry, mais aussi dans le Bourbonnais, le Nivernais, en Bourgogne, sur les bords de Loire... A vrai dire, je ne désigne pas toujours la même chose. Ainsi, sur les bords de Loire, on peut m’équiper dans certains cas difficiles avec des poutrelles ; dans le Jura bernois et vaudois, on m’appelle aussi un clédar !
Dans tous les cas, je désigne une création humaine qui, dans le Berry, remonte peut-être à l’époque romaine, en tout cas au Moyen Âge ; je me suis multipliée au XIXe siècle. Aujourd’hui, bien que je sois en recul, on estime ma longueur totale à quelques 5 à 10 000 km dans deux régions de l’Indre ; j’ai même donné mon nom à un festival !
- Qui suis-je (dans l’Indre) ?
- Comment appelle-t-on le type de paysage dont je suis un élément essentiel ?
- Quelles sont les deux régions de l’Indre où je suis très visible ?
- Dans l’Indre, je suis utile à beaucoup de choses ! Pouvez-vous expliquer lesquelles ?
- Qu’est-ce que je désigne sur les bords de Loire et quel est mon usage ?
- Qu’est-ce qu’un clédar ? Dans quel pays ?

Les réponses

- Il s’agit de la bouchure, haie qui entoure les champs. « Bouchure » provient du latin populaire búsca dérivé du germanique bosk, le buisson, le hallier, avec le suffixe « atura » : buscatura ; le mot a donné par la suite « boucheture » attesté à la fin du XVe siècle pour désigner ce qui sert à boucher un terrain pour empêcher les bêtes d’y entrer, puis « boucheure », attesté au XVIIe siècle pour désigner ce qui sert à boucher, une haie artificielle.
- Il s’agit du bocage, zone où les parcelles de terre, de tailles inégales et de formes différentes, sont encloses par des levées de terre (souvent associées à un fossé) portant des haies ou des rangées d’arbres et où l’habitat est généralement dispersé en fermes et en hameaux.
- Le bocage est très visible dans le Boischaut du Sud et, dans une mesure moindre, dans le Boischaut du Nord (en fait, on désigne sous ce dernier nom la région autrefois dénommée « Gâtine de Valençay »).
- Les bouchures offrent de multiples intérêts :
elles limitent les parcelles ;
elles les protège contre les incursions du bétail et empêchent les divagations du troupeau qui est dans le champ clos ;
elles servent de brise-vent ;
elles fournissent du bois (pour le chauffage, les travaux ruraux...) ;
elles protègent le sol contre l’érosion, en particulier contre les effets du ruissellement ;
elles protègent les sols des variations thermiques importantes, en particulier pendant les périodes de sècheresse (rétention de l’humidité) ;
elles offrent un abri à toute une petite faune et à une flore abondante.
- Sur les bords de Loire, une « bouchure » est une ouverture pratiquée dans les murs des levées d’environ 1 m de hauteur et de largeur ; cette ouverture peut être fermée manuellement par des portes lors des inondations les plus importantes.
- En Suisse, dans le Jura bernois et vaudois, mais aussi en France dans le Jura (le Doubs notamment), un « clédar » est une porte à claire-voie permettant de fermer (« boucher ») une ouverture dans une clôture.