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Publié : 22 avril 2014

Troisième énigme - Solution

Troisième énigme - Je m’appelle Sidonie Pocquet...

  • Indice visuel 1 : l’Hôpital complémentaire n° 25, asile de Bitray, place Lafayette à Chateauroux, Musée du service de santé des armée
  • Indice visuel 2 : l’Hôpital belge de Fontgombault dans l’abbaye de Fontgombault.

Je suis arrivée dans l’Indre en 1915 après avoir été séparée de ma famille restée dans le Nord occupé par les Allemands. Comme beaucoup d’autres femmes dans toute la France et dans l’Indre (par exemple, Magdeleine Cressent), je me suis engagée pour m’efforcer de soulager les terribles douleurs des poilus qui étaient conduits à Issoudun depuis le front. Rien que dans l’Indre, on avait alors installé plusieurs dizaines d’établissements du même type : voyez les deux photos que je vous propose ci-dessus... et c’était la même chose partout en France ! Je n’étais pas une professionnelle ; alors, en 1916, je suis partie pour Paris pour le devenir. Sans doute aurais-je pu rencontrer, au cours de ces années de guerre, Edouard Péricourt ou Adrien Fournier dans sa chambre des officiers : j’ai rencontré tant de « gueules cassées » dans les divers lieux où l’on m’a envoyée !

- Quel était le travail effectué par Sidonie Pocquet de 1915 à 1916 à Issoudun ? Dans quel lieu ?
- Quelle profession a-t-elle exercée après ses études à Paris ?
- Qui désigne-t-on par l’expression « gueules cassées » ?
- A-t-elle pu rencontrer Adrien Fournier et Edouard Péricourt (justifiez votre réponse) ?
- Qui était Magdeleine Cressent ? Où a-t-elle travaillé pendant la guerre ?
- Quels sont les établissements établis alors par dizaines dans le département de l’Indre ?Identifiez les deux établissements photographiés. Pouvez-vous expliquer pourquoi ces établissements se sont multipliés entre 1914 et 1918 ? Pourquoi y trouvait-on beaucoup de femmes comme Sidonie Pocquet et Magdeleine Cressent ?
- Quelles récompenses Sidonie Pocquet a-t-elle reçues après la guerre ? Pourquoi ?

Les réponses

- Née en 1888 à Beaumont-en-Artois1 (Pas-de-Calais), Sidonie Pocquet est séparée de sa famille restée dans le Nord occupé par les Allemands à partir de 1914 ; elle s’engage comme soignante en 1915 à l’Hôpital mixte d’Issoudun (Indre) où elle reste qu’en 1916.

- En 1916, je me suis inscrite à l’Hôpital-École Heine-Fould à Paris afin de devenir infirmière professionnelle.

- L’expression « gueules cassées », inventée par le colonel Picot, premier président de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête, désigne les survivants de la Première Guerre mondiale ayant subi une ou plusieurs blessures au combat et affectés par des séquelles physiques graves, notamment au niveau du visage.

- Non, je n’ai pu rencontrer ni Adrien Fournier ni Edouard Péricourt, car ce sont des héros de romans consacrés à la Première Guerre mondiale. Adrien Fournier est le héros du roman La chambre des officiers, par Marc Dugain, publié en 1998 ; Edouard Péricourt est le héros du roman Au revoir là-haut ! par Pierre Lemaître, publié en 2013 (Prix Goncourt). Ces deux héros littéraires sont des « gueules cassées » de la Grande Guerre.

- Marie-Josèphe-Adèle-Magdeleine Cressent était le sixième enfant d’une famille installée au 11, rue Lézerat à Châteauroux. Comme de nombreuses jeunes femmes de familles bourgeoises, elle s’enrôle comme infirmière pendant la Grande Guerre et sert à l’hôpital militaire Saint-Martial de Châteauroux, implantée à l’emplacement de l’actuelle école Saint-Martial, pour soigner les blessés de guerre. D’octobre 1914 à début 1916, elle confectionne alors un album rassemblant 80 documents (textes, photos, dessins, objets divers), important témoignage sur cet hôpital qui accueillit 858 blessés. Après la guerre, Madeleine Cressent sera professeur de piano.

- Les hôpitaux se sont multipliés pour soigner les blessés de la Grande Guerre. Les deux établissements photographiés sont, d’une part, l’Hôpital complémentaire n° 25, asile de Bitray, place Lafayette à Chateauroux (indice visuel n° 1), d’autre part, l’Hôpital belge de Fontgombault (indice visuel n° 2) dans l’abbaye de Fontgombault.
Ces établissements se multiplient du fait du nombre des blessés (plusieurs millions de blessés en France). Après la guerre, en plus des soldats morts laissant en France trois millions de veuves et cinq millions d’orphelins, de nombreux soldats de retour de la guerre ou des hôpitaux sont gravement handicapés par les séquelles des blessures reçues au front (amputés, mutilés du visage, aveugles, gazés, défigurés, etc.). Ces hommes représentaient 6,5 millions d’invalides pour près de 300 000 mutilés à 100 %. En majorité, ces blessés étaient des hommes âgés de 19 à 40 ans. Beaucoup de jeunes femmes, issues le plus souvent de « familles bourgeoises » comme Sidonie Pocquet et Madeleine Cressent, participent à l’effort de guerre en s’engageant comme infirmières.

- Sa bonté, sa patience, sa bonne humeur et son professionnalisme, en tant qu’infirmière de la Société française de secours aux blessés militaires et des Sociétés d’assistance aux blessés et malades des armées de terre et de mer, lui permettront d’obtenir, le 1er octobre 1919, la Médaille commémorative 1914-1918 et la Médaille de l’Union des femmes de France de la Croix-Rouge française.