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Publié : 22 avril 2014

Quatrième énigme - Solution

Quatrième énigme - L’effort de guerre dans l’Indre

  • Indice visuel 1 : Usine Balsan, Châteauroux, 1916
  • Indice visuel 2 : Manufacture des tabacs, Châteauroux, 1916
  • Indice visuel 3 : Prisonniers allemands en train de biner un champ de betteraves dans l’Indre (13 au 16 juin 1916), photographie Gabriel Baussuge, ECPAD

La guerre mobilise toutes les énergies pour produire tout ce qui est nécessaire à la poursuite du conflit. Outre des milliers d’hommes partis au front, les habitants de l’Indre vont travailler aux productions de guerre, principalement dans les domaines illustrés par les documents ci-dessus. Ainsi, une entreprise de l’Indre a fourni chaque mois près de 150 000 mètres d’un matériau qui a servi à habiller des millions de soldats français... Une autre a fabriqué le « perlot » indispensable au moral du poilu... L’entreprise Hidien fabrique des munitions. Enfin, il a fallu produire de quoi assurer la nourriture quotidienne tant des poilus que des Français de l’arrière. Mais la mobilisation des hommes a désorganisé le marché de la main d’oeuvre. Alors, il a fallu faire appel à des personnes que l’on n’avait que rarement l’occasion de voir avant 1914 dans les usines et même à des travailleurs (un peu forcés...) que l’on ne s’attendait sûrement pas à rencontrer dans la campagne berrichonne...

- Quel matériau a été produit en grande quantité pour habiller les soldats français ? Dans quelle ville de l’Indre et dans quelle usine (indice visuel 1) ? Pourquoi a-t-on produit ce matériau et quelle était son utilité pour les soldats ?
- Qu’est-ce que le « perlot » ? Dans quelle ville de l’Indre et dans quelle usine était-il produit (indice visuel 2) ? Quelle était son utilité ?
- Quelle sorte de munitions fabriquent l’entreprise Hidien de Châteauroux ? Que fabriquait-elle avant la guerre ?
- Comment a-t-on fait pour remplacer les hommes partis à la guerre et pour résoudre les problèmes de main d’oeuvre ? Qui sont notamment ces travailleurs « un peu forcés » (voir par exemple l’indice visuel 3).

Les réponses

- Le matériau produit en grande quantité dans l’Indre est le tissu bleu horizon. Il a été fabriqué dans la manufacture Balsan de Châteauroux, lieu où semble-t-il, d’après des recherches récentes, ce tissu aurait été conçu. Les soldats français étaient au début de la guerre habillés de pantalons rouge garance (également fabriqués chez Balsan, cf indice visuel n° 1) et de vestes bleues. Le tissu bleu horizon, utilisé à partir de 1914 pour confectionner les tenues militaires des poilus, était solide et plus discret sur les champs de bataille. Toutefois, il n’équipe pas la totalité des militaires français avant 1916.

- le « perlot » (ou « gris ») était le tabac pour la troupe ; il était produit sous forme de « scaferlati » (tabac brun séché à l’ombre et haché finement) à Châteauroux dans la manufacture des tabacs, dont la production s’est intensifiée dès 1914 (cf indice visuel n° 2). Il est généralement fumé à la pipe. Il était avant tout destiné à entretenir le moral des troupes...

- L’entreprise Hidien de Châteauroux fabrique des obus pendant la Grande Guerre (de même que l’entreprise Cusson). Avant la Grande Guerre, elle fabriquait du matériel agricole.

- Pour remplacer les hommes partis à la guerre, il a fallu trouver de la main d’oeuvre :

  • des « détachés temporaires » (militaires ayant des permissions spéciales pour travailler dans les champs ou les usines) ;
  • des « travailleurs militaires », soldats stationnés dans des dépôts de la zone des armées ;
  • les prisonniers de guerre allemands (et aussi austro-hongrois) comme ceux qui, sur la photographie n° 3, sont en train de biner un champ de betteraves (13 au 16 juin 1916).
  • les femmes, surtout, et parfois les enfants...